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Créativité et création de texte : lettre sur l’absence

Mardi 14 novembre 2017

Chère toi,

Hier j’ai vraiment lutté fort pour ne pas céder, et arrivée au soir, j’étais soulagée d’avoir résisté. Pour être tout à fait honnête, je n’ai réalisé quel jour c’était qu’en début d’après-midi. Je t’ai oubliée toute une matinée, en ce jour si important, et je dois avouer que ça m’a fait du bien. Car cette journée, je la hais. Je la déteste autant que je la redoute. Du plus profond de mon être. C’est un jour gris qui n’a de cesse de me rappeler que je suis obligée de composer sans toi, et douze ans après, crois-moi, ça fait toujours aussi mal.

J’ai mal de ton absence, mal d’avancer seule, mal de m’avouer qu’inlassablement, tous les jours, je dois continuer sans toi. C’est dur au quotidien de garder le cœur léger, tu sais. J’essaie de suivre la cadence tant bien que mal. Mais il y a ce vide, là, tout au fond, bien caché, un vide angoissant que tu as créé et que je ne parviens pas vraiment à combler. Certains jours sont plus doux que d’autres pourtant. Et certains jours, même, j’oublie presque. J’oublie presque cette sensation écrasante, j’oublie presque que lorsque tu es partie, tout mon monde a volé en éclats. Je t’en voudrais terriblement, si tu ne me manquais pas autant. Parce que tu m’as abandonnée alors que j’avais besoin de toi. J’avais besoin de nous.

Je me suis noyée dans ton absence, j’ai perdu mon souffle et encore aujourd’hui je peine à respirer. Tu as pris ce petit quelque chose de bonheur avec toi, et j’aimerais tellement pouvoir te détester pour ça. J’essaye de me souvenir de nous. Je dessine tes contours dès que mon esprit vagabonde, je me plais à t’imaginer, aujourd’hui, à mes côtés, douze ans après. Tu sais, j’essaie férocement de combattre les effets du temps. Car plus les jours passent plus nos traits sont flous. J’oublie de petits détails, insignifiants pour beaucoup, inestimables à mes yeux. Et ça me terrifie. Ça me donne envie de pleurer, de crier et de tout casser…

En douze ans, les choses n’ont pas tant changé, au final. Je pleure encore souvent, comme quoi grandir n’est pas l’assurance de se créer une carapace plus solide. Les jours avancent, les saisons défilent inexorablement, et j’essaye de vivre, avec le sourire. D’ailleurs, je souris à penser que si tu étais encore là, tu m’observerais avec dans les yeux une immense douceur faite d’incrédulité et d’amusement. Je n’ai pas pu ni su te dire au revoir, et pour ça je crois que je m’en voudrai toujours. Mais il est une chose pour laquelle je ne m’excuserai jamais, c’est de t’avoir aimée comme jamais personne ne le pourra. D’avoir lutté en vain contre ceux qui ne comprenaient pas et d’avoir revendiqué notre complicité.

Grandir à tes côtés aura été un grand privilège, et je te remercie de m’avoir permis de vivre et de ressentir profondément. Chaque nouveau matin à tes côtés était un cadeau précieux que je prends grand soin de chérir. Je ne regrette pas une seule seconde passée à tes côtés. Je sais bien qu’on se reverra, je me raccroche à cette idée dans les jours tristes, et, en attendant, je ressors nos photos et je me souviens avec bienveillance de tous ces beaux moments si chers à mon cœur.

Bien à toi,

Céline

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Ton absence Le calepin de Céline

Crédits : Featured

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Comments

  1. Quel texte puissant ! Il m’a donné des frissons !
    Et plein de vérité, on ne se remet vraiment jamais de l’absence de quelqu’un …

    • En effet, on ne s’en remet jamais vraiment totalement. Merci pour ton commentaire qui comme toujours me touche beaucoup. A bientôt ! 🙂

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