✏️ Créativité

Cette sensation écrasante

Cette sensation écrasante Le calepin de Céline

Voilà un article qui n’était pas prévu au programme aujourd’hui, mais qui sortira quand même, tant pis. C’est encore un exercice d’écriture, comme pour mon précédent billet sur les madeleines. Un exercice raté, pour le coup, car je n’ai pas respecté la règle que je m’étais moi-même fixée, à savoir celle des 400 mots maximum. Il y a quelques mots en trop, mais ce n’est pas bien grave, au fond. J’ai au moins essayé, et peut-être ferai-je mieux la prochaine fois.

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Mardi 14 novembre 2017

Chère toi,

Hier j’ai vraiment lutté fort pour ne pas céder, et arrivée au soir, j’étais soulagée d’avoir résisté. Pour être tout à fait honnête, je n’ai réalisé quel jour c’était qu’en début d’après-midi. Je t’ai oubliée toute une matinée, en ce jour si important, et je dois avouer que ça m’a fait du bien.

Car cette journée, je la hais. Je la déteste autant que je la redoute. Du plus profond de mon être. C’est un jour gris qui n’a de cesse de me rappeler que je suis obligée de composer sans toi, et douze ans après, crois-moi, ça fait toujours aussi mal.

J’ai mal de ton absence, mal d’avancer seule, mal de m’avouer qu’inlassablement, tous les jours, je dois continuer sans toi. C’est dur au quotidien de garder le cœur léger, tu sais. J’essaie de suivre la cadence tant bien que mal. Mais il y a ce vide, là, tout au fond, bien caché, un vide angoissant que tu as créé et que je ne parviens pas vraiment à combler.

Certains jours sont plus doux que d’autres pourtant. Et certains jours, même, j’oublie presque. J’oublie presque cette sensation écrasante, j’oublie presque que lorsque tu es partie, tout mon monde a volé en éclats. Je t’en voudrais terriblement, si tu ne me manquais pas autant. Parce que tu m’as abandonnée alors que j’avais besoin de toi. J’avais besoin de nous.

Je me suis noyée dans ton absence, j’ai perdu mon souffle et encore aujourd’hui je peine à respirer. Tu as pris ce petit quelque chose de bonheur avec toi, et j’aimerais tellement pouvoir te détester pour ça. J’essaye de me souvenir de nous. Je dessine tes contours dès que mon esprit vagabonde, je me plais à t’imaginer, aujourd’hui, à mes côtés, douze ans après.

Tu sais, j’essaie férocement de combattre les effets du temps. Car plus les jours passent plus nos traits sont flous. J’oublie de petits détails, insignifiants pour beaucoup, inestimables à mes yeux. Et ça me terrifie. Ça me donne envie de pleurer, de crier et de tout casser…

En douze ans, les choses n’ont pas tant changé, au final.

Je pleure encore souvent, comme quoi grandir n’est pas l’assurance de se créer une carapace plus solide. Les jours avancent, les saisons défilent inexorablement, et j’essaye de vivre, avec le sourire. D’ailleurs, je souris à penser que si tu étais encore là, tu m’observerais avec dans les yeux une immense douceur faite d’incrédulité et d’amusement.

Je n’ai pas pu ni su te dire au revoir, et pour ça je crois que je m’en voudrai toujours. Mais il est une chose pour laquelle je ne m’excuserai jamais, c’est de t’avoir aimée comme jamais personne ne le pourra. D’avoir lutté en vain contre ceux qui ne comprenaient pas et d’avoir revendiqué notre complicité.

Grandir à tes côtés aura été un grand privilège, et je te remercie de m’avoir permis de vivre et de ressentir profondément. Chaque nouveau matin à tes côtés était un cadeau précieux que je prends grand soin de chérir. Je ne regrette pas une seule seconde passée à tes côtés.

Je sais bien qu’on se reverra, je me raccroche à cette idée dans les jours tristes, et, en attendant, je ressors nos photos et je me souviens avec bienveillance de tous ces beaux moments si chers à mon cœur.

Bien à toi.

Cette sensation écrasante Le calepin de Céline

Céline - Le calepin de Céline

Collectionneuse de petits bonheurs, passionnée par les Arts, amoureuse de la Nature & adepte des grands espaces, curieuse de tout et fan du chocolat à la menthe.

    2 COMMENTS

  • Élodie 16/11/2017 Reply

    Quel texte puissant ! Il m’a donné des frissons !
    Et plein de vérité, on ne se remet vraiment jamais de l’absence de quelqu’un …

    • Céline 16/11/2017 Reply

      En effet, on ne s’en remet jamais vraiment totalement. Merci pour ton commentaire qui comme toujours me touche beaucoup. A bientôt ! 🙂

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  • Petit chien est en mode ultra mignon En ce moment
  • En ce moment je suis en pleine lecture de Raison
  • Premire photo de lanne et avec elle beaucoup de rves
  • Je fais une overdose de grisaille je crois ! Jen
  •  Les matins frais reprennent du service Ce samedi aprsmidi
  • Les couleurs se faisaient rares par ici ces derniers temps
  •  Cette journe est passe  une vitesse folle !
  • Quelle bonne surprise ce matin au rveil !  La
  • Songes dautomne leaves trees autumnweather
  • Un vendredi tout doux un peu brumeux productif et instructif

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